While their politics and art were radical and dangerous for their time, the Beat Generation’s views toward women were not that much different than those of the man in the grey flannel suit they rebelled against. Women played an important role in the Beat community, as girlfriends and lovers but also as vital supporters of the artists- they took jobs to put food on the table, cooked, cleaned, typed and otherwise made it possible for the men to create. But only a few women were recognized as artists, and most were not deemed to possess the talent or creative soul required to produce art. Megan Keeling

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Un dernier verre pour la déroute. Ellen Cowen connaissait bien ça. Dans son appartement new yorkais, c’était même son mantra. Une bouteille de vin, une machine à écrire et sa mélancolie. Elle n’avait pas besoin d’autre chose. Muse pour certains, poétesse perdue pour d’autres, Elise Cowen n’en reste pas moins une figure beat incontournable. Car les mots n’ont pas manqué pour l’immortaliser. Joyce Johnson, dans ses mémoires, ainsi que dans son roman Come and the join the dance, a su lui faire une place de choix. Pourtant, elle n’a jamais vraiment pu sortir de l’ombre de celui qui a partagé sa vie pendant un temps. Même si ses poèmes ont su transcender le conformisme des années 50, son nom reste encore, pour un trop grand nombre, attaché à celui de son amant, Allen Ginsberg, faisant d'Elise Cowen l'exemple parfait des femmes artistes piégées par les conventions de l'époque.

Les débuts auraient pu briller pourtant. Mais ailleurs. Enfant du rêve américain, Elise Cowen a grandi dans un cocon parfait. La maison, le voisinage, le tout tiré à quatre épingles. Mais ses parents en veulent toujours plus, dans cette course effrénée portée par la rivalité bourgeoise. Le poids est trop difficile à porter, et la perfection a un goût âpre pour cette petite fille qui préfère jouer avec les ombres. Et puis elle n’est pas dupe, quand elle voit dans le regard des parents la déception latente. Intelligente, elle délaisse pourtant l’école. Rien n’y fait, le monde dans lequel elle grandit la laisse froide. Elle préfère lire de la poésie, T.S. Eliot, Ezra Pound, et s’enferme dans les vers, toujours plus tristes, toujours plus sombres.

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Mais son entrée à la Barnard School de New York ne marque pas la fin d’une période de rebellion, comme pouvait le penser sa famille. Encore une fois, Elise n’écoute qu’elle et se lie à un professeur de philosophie. Mais loin de développer ses aptitudes à l'écriture, Elise Cowen se laisse enfermer dans un rôle de vulgaire supportrice. Tout pour l'art de son homme, quand elle ne se retrouve pas tout bonnement à garder ses enfants, acceptant les moindres tâches ménagères afin de servir au mieux celui qui la fascine tant. Grâce à lui, elle est pourtant intronisée dans les cercles beat et croise pour la première fois celui qui sera l’unique amour de sa vie, Allen Ginsberg. Le premier conte de fée underground : il suffira d’un simple regard pour que la jeune femme reconnaisse en lui une âme sœur. Encore une fois, Elise se laisse grignoter par la passion. Allen est son monde, et elle répète les mêmes erreurs commises par le passé. Ils se fréquentent un temps mais finissent par se séparer. Cowen ne s’en remettra jamais vraiment. Et lorsque par un coup du hasard, elle se retrouve internée au même moment qu’Allen (il avait échappé à la prison suite à un vol de voiture qui avait mal tourné en compagnie d’Herbert Huncke), elle y voit là un signe du destin. Un amour qu’elle n’a jamais pu se résoudre à abandonner, allant même jusqu’à partager un appartement avec lui dans un "ménage à quatre", alors qu’il vivait déjà avec Peter Orlovsky et qu'elle venait de s'enticher d'une dénommée Sheila.

Après l’obtention de son diplôme, Elise sombre encore un peu plus dans la dépression. Elle suit une existence morne, partagée entre son travail de sténo dactylo et son addiction à l’alcool. Après s’être fait renvoyer, Elise choisit de partir à San Francisco un temps. Là-bas, elle tombe enceinte puis subit un avortement qui tourne mal. L’année suivante, c’est une Elise méconnaissable qui revient à New York. Amaigrie et encore plus secrète qu’avant, elle n’a jamais été autant possédée par ses démons.

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Elle est finalement internée à Bellevue, avant d’être confiée quelques jours plus tard à ses parents. Ils souhaitent l’emmener à Miami, afin qu’elle s’y repose. Mais elle n’effectuera jamais le voyage. Le 1er février 1962, elle se donne la mort en sautant par la fenêtre du salon de la maison familiale. L’enquête de police révèlera qu’Elise n’avait en vérité pas ouvert la fenêtre, préférant sauter directement à travers la vitre.

Aucun de ses travaux n’a été publié de son vivant. Seulement 83 poèmes ont été conservés par un ami proche, Leo Skir, qu’il n’a pas manqué de les envoyer à diverses revues culturelles, parmi lesquelles City Lights Journal, El Corno Emplumado ou encore Fuck You. Quant à ses journaux, ses parents les ont détruits peu après son décès, mal à l’aise avec les thèmes abordés par leur fille dans ses écrits, et surtout poussés par les commérages du quartier.