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Fin seventies, le punk est déjà sous assistance respiratoire. La faute à un public devenu trop fashion, trop iconoclaste, trop chiant. Les puristes gueulent et réclament à cor et à cri qu’on leur ramène une dernière fois l’esprit fuck the queen. C’est les prémices du reboot, grâce aux tripes de certains qui refusent de se résigner. Quelques bastions résistent et s’organisent loin de l’effervescence londonienne, histoire de se poser. Parmi eux, Crass, un collectif d’artistes paumé au fin fond d’une ferme de l’Essex. Entre deux plantages de choux, les types enregistrent des disques ou organisent des manifs. Bien évidemment même si de l’extérieur tout ceci semble faire très vie pure (notons la disparition de la drogue des radars), les slogans et autres uppercuts font peau neuve et le punk vieille sauce se prend marron sur marron. On pensera tout naturellement au Punk is dead du groupe, qui résume bien l’atmosphère ambiante :

Movements are systems and systems kill.
Movements are expressions of the public will.
Punk became a movement cos we all felt lost,
But the leaders sold out and now we all pay the cost

Well I'm tired of staring through shit stained glass,
Tired of staring up a superstars arse,
I've got an arse and crap and a name,
I'm just waiting for my fifteen minutes fame.

En 1968, Penny Rimbaud et Gee Vaucher démarrent le collectif. Très vite, c’est Gee qui se charge de l’image du groupe. Naissent à cette époque ses célèbres collages mélangeants scènes de la petite bourgeoisie et des classes laborieuses avec des images de guerre.

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Par la suite Steve Ignorant, Phil Free, Pete Wright, N.A. Palmer rejoingent le collectif, puis ce sera au tour des futures lead vocals Eve Libertine et Joy de Vivre de compléter le tableau.

A cette occasion, Libertine se souvient : Before I joined the band, I always went along to the gigs and was always moved by the raw energy. In the early days Crass quite often emptied venues, leaving me about the only person in the audience. Following a one-off series of gigs in New York, I began to feel there was a rather one-dimensional quality to what then an all-male outfit –the onstage politics lacked a feminist angle, a problem that was easily solvend by Joy and myself joining the band.

A cette époque, peu de groupes punk intégrait la bannière féministe dans leur combat politique. Déjà en 1978, The Feeding of the 5000 et la chanson Women laisse transparaitre l’importance de la question des femmes dans le groupe.

Fuck is women’s money
We pay with our bodies
There is no purity in motherhood
No beauty
Just bribery
It’s all the fucking same

En ce sens, Crass faisait clairement preuve d’originalité, le sexisme n’était plus seulement une affaire de filles. Ainsi, lorsque Penis Envy sort en 81, ce sont Rimbaud et Ignorant qui se tapent les radios et autres cirques promotionnels. Coup de maitre puisqu’en choisissant de montrer un binôme composé de deux mecs, Crass contourne les éternels stéréotypes du moment. Une manière de renverser la vapeur et de montrer que le féminisme peut être défendu par les deux sexes.

Our sexual politics, although forcefully expressed in all our past albums, have largely been ignored. So, with nothing but the slightest whisper of male voices, Eve Libertine and Joy de Vivre fronted an assault that introduced our primarily male audience to a whole range of fresh ideas.

Parmi les puristes du genre, les piques ne tardent pas à débarquer. Ainsi, on ne se prive pas pour déplorer un disque trop “girly” à leur goût. Du côté de la critique, étonnamment le Penis Envy est couronné de succès…tout comme la beauté des front girls, que l’on ne se gêne pas à relever à chaque coin de phrase.

Les habitudes ont la peau dure.