The Bauhaus had progressive aspirations, but the men in charge represented the prevailing societal attitudes of the time. It was simply a step too far to bring about equality across the board.

Catherine Ince

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Lorsque Gertrud Arndt entre à l’école du Bauhaus, elle est loin de se douter de ce qu’il y attend. A l’âge de 20 ans, la jeune femme obtient une bourse pour étudier l’architecture, après avoir travaillé comme apprenti dans divers cabinets.

Pourtant, elle ne suivra pas les cours dispensés par l’établissement. En effet, on l’invite peu après son inscription à se diriger vers l’atelier de tissage, lui expliquant qu’il n’y avait pas de place pour elle dans la discipline qu’elle souhaitait intégrer.

A sa grande surprise, la majeure partie des femmes de l’école ont été également forcées à rejoindre ces cours soit disant plus adaptés à un public féminin.

Aujourd’hui, le Bauhaus Archive de Berlin tente de faire amende honorable auprès de ces artistes pionnières du mouvement mais qui se sont retrouvées marginalisées, en dépit du discours ouvert et progressiste de cette école, devenue symbole de misogynie dès les premiers jours de son ouverture.

Pourtant, cela est faire un mauvais procès au Bauhaus. En effet, il n’y pas toujours été injuste envers les femmes. Ce n’est que durant les premières années qu’il fut aussi dur, malgré le slogan du directeur, Walter Gropius, qui se voulait accueillant pour tous ces élèves, sans distinction de sexe.

La situation s’est trouvée radicalement changée lors de la mise en place de l’artiste et designer hongrois Laszlo Moholv-Nagy à la tête de l’école. En effet, ce dernier s’assure assez rapidement qu’il règne une parfaite égalité entre tous les élèves et encourage même Marianne Brandt, à suivre l’atelier de métallurgie, devenue l'un des grands noms du design industriel durant les années 30.

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Lorsque Moholv arrive, Gertrud Arndt a malheureusement fini ses études depuis bien longtemps, et n'a pu donc profiter de ses enseignements. Son travail autour du tissage, dans toute l’esthétique Bauhaus, finit par la lasser. Elle décide dès lors de revenir à ses premiers amours, la photographie, où elle étincelle d’originalité.

The photographic work of Arndt was relatively unknown until she first exhibited her self-portraits in 1979 at the Museum Folkwang in Essen, Germany. Although her photographic period lasted less than five years, Arndt ended up taking portraits, photographing herself and her friends in a range of costumes, hairstyles, facial expressions and stage settings. Creating various atmospheres in these works, ranging from severe to absurd to playful, these photographs were to become her Masked Portraits and are considered by art critics to be the predecessors to the works of Cindy Sherman. Angela Connor

Ces selfies, prises dans une ambiance des plus théâtrales, ont débuté avec Out of boredom, où l’on voit l’artiste vêtue de voilettes et de robes excentriques, dans des poses distinguées comme outrageusement lascives.

Ses photographies interrogent dès lors le corps de la femme et sa posture devant l’objectif, allant du style le plus traditionnel jusqu’à la scène frivole. Une manière de s’aliéner dans ses propres métamorphoses, et d’en capturer ces moments. Cependant, l’on peut se demander encore aujourd’hui si l’artiste a vraiment trouvé ce qu’elle cherchait.

So I sat on a chair with no back. The apparatus stood in front of a large window – we had huge windows in Dessau. And then, I had this old machine – which had no self-timer – I took a length of black twine, fixed it under a round stone, so that my camera could not fall over. The stands were so shaky – they did not have the iron spikes in those days yet. I sat down very carefully and looked into the camera. Behind me, I had a broom to which I hung a newspaper to help set the focus: I gave the broom a push and as it fell down, I took my snap. Quite simply, this is how all my mask photos were created.

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Oubliée des critiques jusque dans les années 80, ses portraits ont été comparés au travail de Marta Astfalck et Claude Cahun. Ils annoncent également les projets à venir de Cindy Sherman et de Sophie Calle.