THE CONCRETE BLONDE

             B O O K S H E L F    E C R A N + N O I R     F I C T I O N    T R A C K S    S T Y L E    F U N + F A C T S    I C O N    M I S C             

080317

DJUNA BARNES

“With the passing years, it was her fate to become more and more of a legend. She even called herself ‘the most famous unknown in the world.’” Robert Giroux

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Lire Djuna Barnes est une expérience. Le genre d'expérience qui ne laisse pas indemne. Quelque part, c'est ce que j'ai toujours personnellement recherché dans la littérature. Quelque chose de vrai, de brut. Contrairement à ses contemporaines, parmi lesquelles on peut compter Virginia Woolf, l’œuvre de Barnes est violente, sexuelle, agressive. Trop crue pour l'époque d'après certains, à commencer par une flopée de critiques et de lecteurs un peu fragiles, facilement émues à la lecture de scènes lesbiennes.

C'est à New York que Barnes naît, durant l'année 1892, au sein d'une famille plus que difficile. Son père, Wald, est immortalisé dans son premier bouquin, Ryder. Il y est présenté comme un raté n'ayant jamais eu peur de son ombre, et surtout pas quand il fallut installer ses deux femmes et toute la tripotée de marmots qui s'en suivit sous le même toit. Bien évidemment, l'ambiance est hautement autobiographique mais pas que. Même si Barnes a du coffre quand il s'agit de dépeindre ses personnages, elle n'en laisse pas moins à la narration. Ainsi, la chronique de la famille Ryder s'appuie sur de multiples points de vues mélangés à plusieurs protagonistes eux mêmes imbriqués dans des styles toujours plus nombreux. Si tu aimes le tentaculaire, Barnes est pour toi.

Mais elle n'est pas qu'une écrivaine complexe. Barnes est une aussi une artiste visuelle, qui effectue elle-même toutes les illustrations de ses livres.

Bien évidemment, lorsque Ryder sort, il est illico presto rangé dans la catégorie des ouvrages à censurer, dessins compris, obligeant Barnes à rajouter une note au début du livre:

“This book, owing to censorship which has a vogue in America as indiscriminate as all such enforcements of law must be, has been expurgated. Where such measures have been thought necessary, asterisks have been employed, thus making it matter for no speculation where sense, continuity, and beauty have been damaged.”

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Une autre édition finira par réintégrer les dessins et passages mis de côté mais le manuscrit original, perdu durant la seconde guerre mondiale obligent les versiosn actuelles à ruiner le texte avec d'immondes astérisques.

L'enfance de Barnes est comme je le disais plutôt chaotique, perdue au milieu d'un père artiste à la petite semaine et violent et d'une grand-mère incestueuse. Violée à 16 ans (certains disent par un voisin à qui le père aurait donné le feu vert, d'autres par le père lui-même) avant d'être mariée de force à un vieux de 52 balais. L'union ne durera que deux mois.

La mère de Barnes finit par prendre ses gosses sous le bras et part s'installer à Brooklyn. Commence une nouvelle vie pour la petite. Barnes étudie l'art avant de se lancer assez rapidement dans la vie active comme reporter pour subvenir aux besoins de sa famille.

Elle traîne à New York et plus particulièrement Greenwich Village, the place to be, où elle se fait remarquer au sein des scènes littéraires modernistes. Ses textes et ses dessins, déjà fortement emprunts d'avant-gardisme, sont publiés dans des journaux spécialisés mais aussi beaucoup plus mainstream. Elle devient une journaliste demandée, apposant son nom à des titres comme Vanity Fair (où elle y interviewera d'ailleurs James Joyce en 1922). Son style, sans retenu, est le miroir parfait de cette époque où règne en maître les esprits libres, dont elle fait entièrement partie.

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Certains de ses travaux ont également une résonance féministe, comme en témoigne sa série How it feels to be forcibly fed, vendue en 1914 au New York World où Barnes elle-même pose avec des tubes dans les narines, une technique utilisée sur les suffragettes effectuant la des grèves de la faim. Progressiste, elle se moque en revanche assez régulièrement des féministes conservatrices, dont elle vomit la posture et la fermeture d'esprit.

Barnes aime se plonger dans des situations à risques afin d'avoir enfin accès aux émotions dont les femmes sont privées. Elle écrit également sur la boxe, un sujet réservée exclusivement aux hommes, et y explore par ce biais la violence féminine. En 1914, elle est ainsi la première femme à poser les jalons de la question du combat physique et moral chez la femme.

En 1915 est publié The Book of Repulsive Women, où elle explore l'amour saphique mais surtout la vision du corps féminin dans la société du début du 20eme siècle. S'ensuit Ladies Almanack, écrit dans une prose archaïque, proche du style rabelaisien. En 1936, elle termine Nightwood, un roman semi autobiographique, qui narre un mariage raté, puis l'histoire d'amour entre deux femmes qui ne se termine pas mieux. Écrit durant ses années passés en France, ce livre est vu comme le chef d’œuvre ultime de Barnes. Il est édité avec une introduction signée T.S. Eliot qui tente d'adoucir la prose de Nightwood histoire que Barnes ne reçoive pas trop de levées de boucliers.

Mais le livre est surtout mal compris des critiques, comme on pourra le lire à travers les mots d'Alfred Kazin pour le New York Times. L'ouvrage est si difficile d'accès que les textes à son sujet finiront par être de grossiers résumés de l'intrigue.

Facile cependant de remettre dans le contexte, puisque l'ouvrage fait écho à la relation que Barnes a entretenu avec l'artiste Thelma Wood. Une histoire commencée en 1921 et qui durera huit années. Mais toutes deux étant plutôt de grosses fêtardes aimant particulièrement la picole et les relations d'un soir, leur couple ne tient pas le coup et finit par exploser.

En 1940, Barnes retourne aux Etats-Unis, s'installe dans un appart à Greenwich Village, où elle résidera jusqu'à la fin de sa vie, en compagnie de ce qu'elle aime le plus, à sa savoir, l'alcool. Elle écrira peu mais une exposition en 1944 est montée en son honneur par son amie Peggy Guggenheim. Mais pas de bol, aucun de ses tableaux ne sera vendu.

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Sa légende prend cependant peu à peu forme. On la dit recluse, ne sortant quasiment plus de chez elle...et puis, coup de théâtre. En 1950, elle lâche la bouteille, reprend les stylos, et se lance dans l'écriture de pièces de théâtre. La plus connue, The Antiphon, est publiée en 1958 et prend comme sujet sa famille dysfonctionnelle. Commercialement, c'est un échec, mais les critiques sont unanimes et louent ses qualités d'écrivaine. Même si son travail devient de plus en plus hermétique, l'habitude de son style n'est plus une entrave aux yeux des journalistes. Au contraire. Sa verve qui atteint ici des sommets de colère et de violence est sans doute l’œuvre qui caractérise le mieux l'auteure. Son frère y voit une revanche inutile sur un passé mort et enterré mais Barnes y voit avant tout une justice, celle pour sa vie.µ

Elle passe huit heures par jour à écrire de la poésie, évitant soigneusement de créer de nouveaux liens avec l'extérieur. Ce qui pousse E.E. Cummings, son voisin, à vérifier régulièrement l'état de Barnes en gueulant à la fenêtre le dorénavant célèbre «T'es toujours vivante, Djuna?». Bertha Harris dépose des roses dans sa boite aux lettres, espérant déclencher une rencontre, en vain, tandis que Carson McCullers fait le pied de grue devant sa porte, sans plus de succès.

Quant à Anaïs Nin, mieux vaut ne pas lui en parler. Malgré l'admiration et les lettres envoyées à son intention pour participer à sa revue sur l'écriture féminine, Barnes a toujours joué à la morte. Mais lorsque Anaïs décide d'utiliser son prénom, Djuna, pour sa librairie féministe, Barnes exige le retrait immédiat.

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Son dernier ouvrage, un recueil de poésie, Creatures in an Alphabet, sort en 1982, la même année de son décès, à l'âge de 90 ans.

WRITTEN BY STENIA B. - 03:10 PM -

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THE VENARAYS

Partons un peu dans le passé de Kat Bjelland en ressortant des tiroirs l'un de ses premiers groupes, The Venarays, à Portland.

"After the Neurotics I got this band together with my best friends, so it was an all girl band. We were called the Venarays. The name came from the word 'venary' which means actively hunting out sex! We began as a way of having fun with each other." - Kat Bjelland

WRITTEN BY STENIA B. - 09:51 AM -
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ZOFIA RYDET

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Pour moi, laisser dans l'ombre le travail de Zofia Rydet relevait d’une incompréhension profonde. Peut-être était-ce mes origines polonaises qui parlaient, allez savoir. Pourtant, la dame a de quoi susciter les regards. D’elle, on disait qu’elle était accro à la photo comme une alcoolique à la vodka. J'aime les gens passionnés. Le projet de sa vie, Répertoire sociologique, commencé à l’âge de 67 ans, confirme ce besoin viscéral d'observer, de comprendre, mais surtout d’enfermer le temps, afin de vaincre la mort, selon ses propres dires. Un besoin viscéral l'ayant mené à couvrir près de 20 000 photographies, réalisées dans une centaine de villes polonaises. Plus qu’un exploit, un témoignage d’un pays et d’une population souvent méconnue, englué dans les clichés d'ailleurs.

Malgré le très grand nombre d’expositions consacrées à son travail, Zofia Rydet a toujours occupé une place particulière dans le milieu de la photographie polonaise, dominés à l’époque par ses confrères masculins et leur inclination artistique conceptuelle.

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Née en 1911 à Stanislawow (située aujourd’hui en Ukraine) et morte en 1997 à Gliwice, la photographe jouit aujourd’hui d’une reconnaissance qui manquait.

Ce projet, entamé dans l’urgence en 1978, signe les extérieurs polonais des régions de Podhale, de Haute Silésie et de la ville de Suwalki mais a aussi été étendu à d’autres pays tels que la France, les Etats-Unis, l’Allemagne, la Tchécoslovaquie et la Lituanie.

Pour approcher cceux qui deviendront ses modèles, Zofia Rydet procédait toujours de la même manière : elle frappait aux portes puis parlait avec les habitants pour les mettre en confiance. Un lien se mettait alors en place, nourri par un intérêt profond pour leur façon de vivre. Saisis tels quels, refusant qu’ils se changent ou s’apprêtent, Rydet souhaitait que ces êtres se livrent sans artifice, comme ils étaient, dans leur propre quotidien, leur propre époque : «Le but était de dépeindre de façon fidèle les gens dans leur cadre quotidien, au milieu de l’univers qu’ils se créent, univers qui, plus qu’un simple décor de leur environnement immédiat […], dévoile également leur psyché», expliquait la photographe.

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Mais pour comprendre le travail de Rydet, il faut se replonger dans l’histoire, celle de la Pologne communiste, de Karol Wojtyla, futur Jean-Paul II, et de la montée de l’opposition à la République populaire de Pologne, puis de son état de guerre. Un pays en profonde mutation, écartelé entre vieilles traditions et montée de l’impérialisme américain. Un nouveau monde qui se dessine, où les adolescents polonais retapissent leurs murs avec posters de Madonna et de Michael Jackson, cohabitant avec le poids des traditions et du religieux, fortement ancrés dans ce pays aux facettes multiples. « Mon postulat de base était le suivant : ce qui est le plus important, ce sont les objets et les intérieurs des habitations. Les gens ne sont qu’un aspect de qui définit un intérieur : ils doivent être statiques, comme s’ils étaient eux-mêmes des objets, et par conséquent poser face à l’objectif en regardant en direction de l’appareil photo. »

Portrait d’une époque, Rydet pose ces histoires grave dans le marbre ce basculement vers l'arrivée de ces temps nouveaux, dans le milieu rural. Un monde voué à disparaître, immortalisé pour l'éternité.

WRITTEN BY STENIA B. - 04:25 PM -
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LE BON MOT DE SARAH KANE

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Once you have perceived that life is very cruel, the only response is to live with as much humanity, humour and freedom as you can.

WRITTEN BY STENIA B. - 10:36 PM

LEE KRASNER

I happened to be Mrs. Jackson Pollock and that's a mouthful. I was a woman, Jewish, a widow, a damn good painter, thank you, and a little too independent.

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Même si Lee Krasner reste l’une des rares artistes femmes à avoir eu le "privilège" d’une rétrospective au MOMA, sa carrière s’est déroulée dans l’ombre de son mari, Jackson Pollock, l’une des figures emblématiques de la peinture d’après-guerre. Reléguée au simple rang d’épouse, Lee Krasner a pourtant réussi à s’imposer dans le monde de l’art, travaillant les bases de ce qu’allait devenir l’expressionnisme abstrait. On peut noter sa série de Petites Images datant de la fin des années 40 ou encore ses collages la décennie suivante, se faisant une place dans un style définitivement trusté par une vision masculine.

Ce n’est pourtant que dans les années 70 que le travail de Krasner est redécouvert, par l’intermédiaire d’historiennes de l’art. Elles ont ainsi remis en perspective ses capacités techniques, mais aussi son utilisation du mouvement dans un genre souvent bien trop rigide ainsi qu’un œil neuf parmi ces hommes à la stylistique peu aventureuse. Cependant, une grande partie de son travail a été détruit, Krasner étant réputée fortement critique vis-à-vis de ses propres œuvres (surtout dans les années 40, l'artiste étant régulièrement assaillie par les doutes), ne laissant à la postérité qu’un bien maigre catalogue.

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Krasner voulait être artiste depuis toujours. Adolescente, elle prend la décision de poursuivre des études d’art, d’abord à la Women’s Art School, puis à la National Academy of Design, où elle perfectionne son savoir artistique ainsi que la technique du dessin.

Elle s’intéresse par la suite à l’art moderne et prend des cours auprès de Hans Hoffman. Grâce à cet apprentissage, Krasner continue l’expérimentation, et produit un travail que l’on pourrait juger de neo cubiste, avec une pointe de fauvisme pour ses choix de couleurs.

La Grande Dépression l’oblige à prendre un travail au sein de la Works Progress Administration, au département culturel, en tant qu’assistante, afin de veiller à l’élaboration de fresques murales dans l’espace public, même si elle désapprouvait le choix de certains artistes.

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Durant la guerre, toutes les peintures commandées servent dès lors à la propagande et travaille à créer des collages qui seront placés aux fenêtres de près de dix-neuf départements situés à Brooklyn et à Manhattan.

Elle rejoint par la suite l’American Abstract Artists. Là-bas, elle y rencontre Willem de Kooning, Franz Kline, Mark Rothko ou encore Clyfford Still. C'est à cette période qu'elle réussit à intégrer le milieu.

Même si Krasner est relié au mouvement de l’expressionnisme abstrait, il est difficile de la cataloguer dans ce genre. Ses études d’art, mélange de classicisme et de modernité, ont donné à son travail un caractère complexe. Sa volonté de ne pas vouloir s’intégrer à un courant ou à une technique particulière la diffère des autres peintres de son époque, ayant pour la plupart adopté une propre identité dont ils ne dérogeront que très rarement.

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Krasner ne voyait pas l’intérêt d’une quelconque pensée iconographique autour de ses œuvres, considérant que son art était avant tout une résultante de sa personnalité et de ses émotions.

Chose difficile à faire comprendre dans le monde de la critique d’art, ayant à plusieurs reprises remis Lee Krasner au simple rôle d’épouse de Jackson Pollock (même lorsqu’en 1949, ils montèrent ensemble une exposition). Malgré la montée du féminisme dans les années 70, sa carrière se retrouve systématiquement liée à celle de son époux. Elle ira jusqu’à ne plus signer ses œuvres, ou avec de simples initiales, afin de ne pas remettre sur le tapis sa relation (ce qui peut expliquer la source d'angoisse de l'artiste dans sa capacité à produire).

WRITTEN BY STENIA B. - 05:41 PM -
281016

LE BON MOT DE JOANNA RUSS

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I think we ought to decide that man-hating is not only respectable but honorable. To be a misandrist a woman needs considerable ingenuity, originality, and resilience. A misogynist requires no such resources.

WRITTEN BY STENIA B. - 12:10 PM -
261016

JO SPENCE

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La carrière de Jo Spence aurait pu se cantonner à la photographie de mariage et les portraits de famille plan plan. C’était sans compter l’intérêt que la photographe nourrit dès les années 70 pour la politique. Féministe et socialiste, Jo Spencer abandonne son studio et sa vie de photographe bien rangée pour se consacrer à ces thématiques à travers un art engagé.

En 1982, sa carrière prend un nouveau tournant lorsqu’on lui diagnostique un cancer du sein. Dès lors, Jo Spencer se focalise sur la question de l’identité et de la maladie mentale et physique, le corps féminin en souffrance étant pour elle une issue féministe, face à l’objectivation subie sous le regard masculin.

Elle décède dix ans plus tard d’une leucémie, faisant de ses derniers instants son œuvre ultime.

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WRITTEN BY STENIA B. - 08:15 PM -
211016

MARINA DEL REY AND BACKSTAGE PASS

In the United States and in the UK, it seemed that punk women did a good job of avoiding being manipulated. We/they were wildly expressive, tough when we wanted to be, without limits on behavior, really. Style and makeup were irrepressibly creative. I never felt like there were imposed gender roles.

While I loved what the Runaways grew into, I hated them the first time I saw them, because clearly, they were young woman acting how men wanted them to act. They were a Cherry Bomb
 fantasy and it sort of pissed me off. Actually – that was my impetus for starting Backstage Pass. No one would tell me what to do.

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Les 70s, Los Angeles. Un type, un écossais, du nom de Brendan Mullen, décide de poser ses valises au 1655 North Cherokee Avenue. Le lieu est un peu pourri et le mec n'a pas vraiment idée de ce qu'il veut en faire. Ici, le punk en est à ses balbutiements, il se passe un truc sans que quiconque arrive réellement à nommer l'événement. Il voudrait faire peut-être un club, attirer les artistes du coin et essayer d'en ressortir quelque chose. Faut dire que les groupes s'enchaînent, les gamins et les gamines prennent les guitares, le paysage change. Le truc se fait de plus en plus pressant, sans qu'un lieu soit vraiment dédié. 1977, bienvenue au Masque.

Il aura suffit d'un an pour faire de cette cave à rat un établissement culte dans la construction de la scène californienne. Pourtant, ce sont ses avortons qui récolteront toute la gloire, après que la version numéro un du club ne ferme et déménage en 1978, et de gommer, en grande partie par les soins Mullen, l'implication des femmes punkos de l'époque dans la mise en place et l'organisation du Masque. Les Cramps, les Go go's, les Germs, X, Dead Kennedys, tous les gros noms de l'époque y fouleront la scène au moins une fois.

Retour en arrière donc. Le Masque n'a pas encore ouvert et comme je disais, le mec semble un peu isolé. Le punk est vaguement punk, pas dans le nom, juste dans l'attitude, ce qui rend un peu chafouin les gens du voisinage qui voudraient bien exprimer en toute quiétude leur rage.

Toujours à LA, au même moment, Marina Del Rey et sa pote Holly Vincent du groupe punk entièrement féminin (et oui, déjà à l'époque) Backstage Pass, écoutent les lamentations d'une nana se plaignant justement que les vendredis soirs sont chiants. Marina se souvient alors du bruit qui court depuis quelques temps sur l'arrivée d'un écossais dans le périmètre. Elle décide de lui demander d'utiliser une partie de l'édifice. Le Masque est sur le point de naître.

L'ambiance est assez fantomatique. La batisse est dégueulasse mais pleine de promesses. Marina Del Rey et quelques potes emménagent après avoir signé un bail de location pour être certain que le propriétaire ne finisse pas par les foutre dehors, faute de fric. Une partie du lieu se retrouve donc entre les mains de Del Rey qui ne tarde pas à construire son propre espace. Del Rey fait passer le tout LA afin de dégoter de quoi rendre le lieu suffisamment arty afin de créer son identité. Les mecs venaient, jouaient, décoraient le lieu à leur convenance. Del Rey avouera que Mullen ne comprenait pas vraiment la vague qui se préparait à déferler sur le 1655 North Cherokee Avenue mais laissait volontiers les piliers du punk s'installer entre ses murs, Backstage Pass en tête de gondole.

WRITTEN BY STENIA B. - 09:01 PM